Le marché de l’apprentissage n’a jamais été aussi tendu, et pour une bonne raison : certains secteurs peinent vraiment à trouver des profils formés. Voici les 7 métiers où les offres de contrats d’apprentissage s’accumulent sans trouver preneur, et comment vous positionner dessus. Si vous hésitez encore sur votre orientation, la réponse est peut-être dans cette liste.
Les 7 métiers les plus recherchés en apprentissage en 2026
Du numérique à l’énergie en passant par la santé et le BTP, voici les secteurs qui recrutent le plus en apprentissage cette année.
Développeur web et mobile

Les entreprises tech cherchent des développeurs capables de coder dès le premier jour, pas seulement de réciter des définitions. En apprentissage, un développeur junior peut travailler sur de vrais projets en React, Vue.js ou Flutter tout en validant un Bachelor ou un titre professionnel. Le rythme trois semaines en entreprise, une en centre de formation est désormais standard dans cette filière. Résultat : à la fin du contrat, vous avez un GitHub qui parle pour vous.
Les rémunérations en apprentissage varient selon l’âge et le niveau de formation, de 27 % à 100 % du SMIC selon les barèmes légaux en vigueur. Pour un développeur en Master, on dépasse souvent les 1 500 euros nets mensuels.
Technicien de maintenance industrielle

Ce métier, moins glamour que le dev web, offre pourtant une chose que l’informatique ne garantit pas toujours : un CDI quasiment garanti à la sortie. Les usines, les chaînes de production automatisées, les équipements de conditionnement ont tous besoin de techniciens capables de diagnostiquer une panne sur un automate Siemens à 2h du matin. En apprentissage en BTS Maintenance des Systèmes, vous passez vos journées sur des équipements réels, pas sur des simulateurs. C’est physique, concret, et très bien rémunéré dès les premières années.
Aide-soignant et infirmier

La pénurie est documentée, les chiffres sont éloquents : plus de 60 000 postes d’infirmiers sont à pourvoir dans le secteur hospitalier public et privé en France, et les projections de la DREES publiées en décembre 2024 anticipent un déficit potentiel de 80 000 infirmières à l’horizon 2050 si les politiques de formation restent inchangées. Les formations en apprentissage se sont fortement développées après la réforme de 2021 qui a ouvert ce dispositif aux formations paramédicales. Concrètement, vous alternez entre l’IFSI ou l’IFAS et les stages en EHPAD, en clinique ou en service hospitalier. La charge est lourde, mais la valeur de l’expérience terrain acquise en deux ans est difficile à égaler.
Commercial et chargé de marketing digital

Les BTS NDRC, MCO et les Bachelors marketing digital sont parmi les contrats d’apprentissage les plus signés chaque année en France. Pourquoi ? Parce que former un commercial « maison » reste moins coûteux et plus efficace que de débaucher quelqu’un chez un concurrent. Un chargé de marketing digital en apprentissage gère souvent les réseaux sociaux, les campagnes Google Ads ou les newsletters dès les premières semaines. Certains tutorats sont excellents, d’autres moins, mais l’exposition aux outils (HubSpot, Meta Ads, Semrush) est quasi systématique.
Maçon et charpentier

Le BTP souffre d’une image injuste, et les chiffres le montrent : selon l’enquête Besoins en Main-d’Oeuvre 2024 de France Travail, le secteur de la construction enregistre 213 850 projets de recrutement sur l’année, dont près de 3 sur 4 jugés difficiles par les entreprises elles-mêmes. La maçonnerie et la charpente en apprentissage, c’est un CAP ou un BP obtenu en deux ans avec une vraie maîtrise du métier. Les entreprises artisanales transmettent souvent des savoir-faire qu’aucun centre de formation n’enseigne, notamment sur les matériaux anciens ou les techniques régionales. Et les charpentiers qualifiés affichent des salaires très compétitifs en région.
Technicien en énergies renouvelables

Installateur de panneaux photovoltaïques, technicien en pompes à chaleur, spécialiste des réseaux de chaleur urbains : ces métiers explosent. Selon le rapport 2024 de l’ADEME sur les marchés et les emplois liés à la transition énergétique, le secteur mobilise plus de 421 000 emplois en France, soit une hausse de 24 % en deux ans. Le photovoltaïque à lui seul a progressé de 64 % entre 2020 et 2022. Un BTS Électrotechnique ou un Titre Pro Technicien de Maintenance en Énergie ouvre des portes dans des entreprises comme Engie, TotalEnergies Renouvelables, ou des installateurs régionaux qui peinent à recruter.
Analyste financier junior

Un peu plus sélectif, mais très porteur : les cabinets comptables, les directions financières et les banques de détail recrutent régulièrement en BTS CG, DCG ou Master CCA. Ce qui distingue un apprenti analyste financier, c’est sa capacité à produire des états financiers réels sous la supervision d’un expert-comptable ou d’un DAF. Selon l’étude APEC d’octobre 2024, 70 % des jeunes ayant suivi leur formation supérieure en alternance décrochent un CDI à la sortie, contre 47 % pour les diplômés en cursus classique. Un avantage qui vaut pour toutes les filières, y compris la finance.
Pourquoi ces métiers recrutent-ils autant en alternance ?

La pénurie de main-d’œuvre et la logique économique de l’apprentissage se combinent pour créer une tension durable sur ces contrats.
Des secteurs en pénurie de compétences
Ces secteurs partagent un point commun : les formations initiales classiques ne produisent pas assez de diplômés pour absorber les besoins. La démographie joue aussi un rôle, avec des départs à la retraite massifs dans le BTP, l’industrie et la santé qui creusent les rangs des actifs qualifiés. L’apprentissage vient combler une partie de ce déficit en injectant chaque année de nouveaux profils opérationnels sur le marché.
L’apprentissage, levier rentable pour les entreprises
Une entreprise qui recrute un apprenti bénéficie d’aides financières significatives. L’aide unique à l’apprentissage représente jusqu’à 6 000 euros pour la première année de contrat selon les conditions fixées par France Compétences. Le coût de formation est pris en charge par l’OPCO. Résultat : l’entreprise dispose d’un collaborateur formé à ses outils et à sa culture, pour un coût inférieur à un recrutement classique. C’est du gagnant-gagnant sur le papier, et souvent en pratique aussi.
Comment décrocher un contrat d’apprentissage dans ces métiers ?

Maintenant que vous savez où regarder, voici comment passer de la liste à la signature.
Cibler les bonnes formations et les entreprises qui recrutent
Commencez par identifier les CFA spécialisés dans votre secteur. Le portail alternance.emploi.gouv.fr référence les offres en temps réel et vous permet de filtrer par métier, par région et par niveau de qualification. Pour les métiers techniques comme la maintenance ou les énergies renouvelables, approchez directement les entreprises locales avant même qu’elles publient une offre. Beaucoup de contrats se signent sans jamais passer par un jobboard.
Préparer un dossier solide et réussir son entretien

Un CV d’apprenti convaincant met en avant les compétences acquises lors de stages, de jobs étudiants ou de projets personnels, pas seulement les notes scolaires. En entretien, montrez que vous connaissez le métier concrètement : citez des outils, des logiciels, des problématiques réelles du secteur. Les recruteurs en PME apprécient particulièrement les candidats capables d’expliquer pourquoi ils ont choisi ce secteur avec des arguments précis, pas avec des généralités.
Vos questions fréquentes sur l’apprentissage et les métiers qui recrutent
L’apprentissage est-il ouvert à tous les âges ?
Oui. Le contrat d’apprentissage est accessible jusqu’à 29 ans révolus sans condition particulière. Au-delà, des dérogations existent pour les personnes en situation de handicap, les créateurs d’entreprise ou ceux qui préparent un diplôme supérieur au précédent. L’âge n’est donc pas un frein dans la grande majorité des cas.
